Lens pique sa crise
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Vingt-quatre jours après avoir soulevé la Coupe de France, Pierre Sage avait quitté le Racing pour Crystal Palace, arguant que le train de la Premier League ne repasserait pas ; trente jours après avoir mené les Sang et Or à la victoire dans le Trophée des Champions, Dino Toppmöller a vidé son casier de la Gaillette. "Dans un esprit de respect mutuel, le Racing Club de Lens et Dino Toppmöller annoncent, d’un commun accord, la fin de leur collaboration" a communiqué le RCL sur son site officiel. "Le Club, en responsabilité, a pris la décision de mettre un terme à sa mission, ainsi qu’à celle de ses deux adjoints," a poursuivi le Racing. Ou comment dire une chose et son contraire en quelques lignes.
Le départ de l'entraîneur trois jours avant un match à Monaco qui précède une trêve de trois semaines laisse songeur. L'explication avancée ne décrit pas une situation d'urgence. Le RC Lens évoque sa volonté de "remodeler" le staff, ce qu'a refusé Toppmöller. La Voix du Nord s'appuie sur la presse allemande pour livrer davantage d'explications. "Révélée par le quotidien allemand Bild dans la journée, l’histoire autour de l’adjoint portugais de Toppmöller, Nelson Morgado, a scellé le sort du coach. Morgado était en conflit avec plusieurs autres membres du staff, mais aussi des cadres du vestiaire, par ailleurs pas toujours convaincus par le contenu des séances d’entraînement, ni dans leur aspect tactique ni dans l’intensité." "Le bras droit de l'entraîneur, Nelson Morgado, aurait dérangé certains membres de l'encadrement, rapporte Le Parisien en reprenant Bild. Le technicien portugais aurait réclamé davantage d'implication à plusieurs collègues, ce qui aurait déplu en particulier aux employés français. Résultat, il se serait retrouvé sur la sellette, mais Toppmöller se serait opposé à son licenciement. À l'arrivée, le duo a été éjecté, alors que l'entraîneur allemand n'aurait pas du tout goûté à ce qu'il a perçu comme une ingérence des dirigeants au sein de son staff." Les tensions internes au staff ne sont finalement pas illogiques, le Racing ayant fait les choses à l'envers pour composer son équipe technique. Il a d'abord recruté un adjoint - Yannick Cahuzac, ami de Jean-Louis Leca - avant de nommer un entraîneur acceptant la présence de l'ancien milieu de terrain.
Comme Daniel Leclercq (Championnat de France 1997-98, Coupe de la Ligue 1998-99) et Pierre Sage (Coupe de France 2025-26), Dino Toppmöller (Trophée des Champions) restera un entraîneur ayant fait gagner le club du Pas-de-Calais. Mais le nom de l'Allemand restera aussi associé à celui de Guy Roux, parti lui aussi après seulement quatre matches de Championnat (six rencontres toutes compétitions confondues pour le natif de Wadern, une de plus pour l'homme au bonnet).
Le trophée remporté a précédé un bilan en Ligue 1 trop faible (un seul succès face à dix Auxerrois, deux défaites à Strasbourg et contre Lorient, un nul chez le promu manceau) qui ne peut être relevé par une victoire face à dix Pragois à l'issue d'un scenario de folie mais au terme d'un match de qualité bien insuffisante. Si Toppmöller a souvent été contraint de faire tourner en raison des absences et des méformes, il n'a pas su donner un style et faire progresser son équipe durant les quelques semaines de son mandat. Yannick Cahuzac lui succède : il est le troisième entraîneur du Racing en quatre mois, le cinquième depuis le départ de Franck Haise en fin de saison 2023-24.
Lance
Photo : SoFoot
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