Saïd, à la relance

Publié le par FatherTom

Le mercato lensois a officiellement débuté hier avec la signature pour trois ans de Wesley Saïd, joueur de vingt-six ans qui devient, après Yannick Cahuzac, Steven Fortes, Corentin Jean et Clément Michelin, le cinquième joueur de l'effectif nordiste à arriver de Toulouse. Cet attaquant arrive dans le Pas-de-Calais avec l'intention de relancer une carrière au cours de laquelle il est passé, en deux ans, de recrue la plus chère de l'histoire du TFC (huit millions d'euros lors de son arrivée de Dijon, à l'issue d'âpres négociations ayant vu le néo-Lensois faire la grève de l'entraînement) à joueur laissé libre par ce même club.

C'est pourtant un avenir brillant qui lui était prédit lorsqu'il fréquentait le centre de formation de Rennes qu'il avait intégré à huit ans après que son père l'avait emmené à une journée de détection organisée par le club qu'il supportait. À la Piverdière, le natif de Noisy-le-Grand y croisa Franck Haise. "C'est un joueur à part, racontait en 2013 l'actuel entraîneur lensois. Durant ma carrière d'éducateur, en termes de qualité individuelle, c'est celui qui m'a le plus marqué. Mais j'attends qu'il aille au bout de son potentiel car, quand on a autant de qualités, il ne faut pas le gâcher. [...] Un jour, il sera apte à devenir un grand attaquant de Ligue 1. Je ne sais pas si c'est pour aujourd'hui, demain ou un peu plus loin. Mais ça va dépendre de lui, du travail qu'il va accomplir et de son sérieux."

La route vers le haut niveau est passée pour Saïd par deux prêts consécutifs, en Ligue 2, à Laval puis à Dijon. "À Laval, analysait-il, j’évoluais dans une équipe qui jouait plus le maintien. À Dijon, il y avait d’autres ambitions. L’équipe était plus forte. Cela m’a été utile de travailler dans deux contextes différents. J’ai beaucoup appris." Après cinq buts et deux passes décisives en trente-neuf matches sous le maillot de ces deux clubs, le Francilien est revenu à Rennes sous les ordres de Christian Gourcuff. Il n'y est resté qu'une saison, ponctuée par quatre réalisations.

Saïd a alors définitivement tourné la page rennaise en s'engageant, pour de bon cette fois, avec Dijon. Il y a réalisé en 2017-18 la meilleure saison de sa carrière (neuf buts, trois passes décisives). Malgré un deuxième exercice moins abouti (quatre buts, une passe décisive), il anime les gazettes durant l'été 2019 pour signer à Toulouse, déplorant par exemple que le président dijonnais "nous pren[ne] pour des marionnettes. [...] Je ne jouerai plus pour Dijon. [...] C’est ma volonté de rejoindre Toulouse, pour y passer un cap". Peu efficace (deux buts et une passe décisive), victime d'une rupture des ligaments croisés d'un genou il y a un an, Saïd n'a pas rempli ses objectifs dans la Ville Rose.

Il y était pourtant arrivé avec l'étiquette d'un grand joueur que lui avait mise Alain Casanova, alors entraîneur du TFC. "Il est très à l’aise des deux pieds, estimait celui qui a raté la montée à la tête du Racing en 2017. Il est capable de venir en appui, de jouer dans la profondeur et il est très adroit devant le but, même s’il n’en prend pas forcément conscience." "Il doit être capable de donner une dizaine de passes décisives et de marquer une vingtaine de buts, rajoutait AC avec la clairvoyance qu'on lui connaît. J’ai bien dit une vingtaine de buts, pas cinq ou dix." Saïd, qui n'a jamais atteint la dizaine de buts marqués sur une saison, se dit éloigné de ces considérations chiffrées, comme tout joueur aux statistiques moyennes. "Je ne suis pas un attaquant obsédé par le nombre de buts qu’il va inscrire dans une saison, mais je sais que je dois encore m’améliorer dans le dernier geste", expliquait-il par exemple en 2017. "Je pense que je suis un joueur qui a en effet des facilités pour éliminer. Avec une bonne technique."

Il tentera de se montrer plus efficace à Lens où Haise estime pouvoir l'incorporer dans son schéma. "C’est un attaquant très complet qui va beaucoup nous apporter notamment dans des systèmes avec une attaque à deux têtes et un milieu offensif proche", expliquait hier l'entraîneur lensois. Dans cette configuration, Saïd confiait avoir l'habitude de jouer "plutôt derrière l'attaquant", lui qui été a été "formé dans l'axe mais [qui], en pro, [a] beaucoup évolué sur les côtés". Ce sera alors peut-être un avenir international qui s'ouvrira à lui. "Mon père est réunionnais et il a des origines comoriennes, alors que ma mère est mauricienne, expliquait Saïd il y a quatre ans. Si je vois que l’équipe de France n’est pas accessible, je rejoindrai sans doute les Comores ou l'île Maurice."

FatherTom

Sources : So Foot, 20 minutes, La Dépêche, Ouest France