"Le jeu qu'on veut mettre en place"...

Publié le par FatherTom

Alain Casanova va enfin parler ! Muet depuis le 19 mai, jour où la Ligue 1 s'est refusée au Racing, l'entraîneur lensois tiendra une conférence de presse aujourd'hui, une semaine après qu'il a retrouvé en compagnie de ses joueurs les terrains d'entraînement. Il y a un mois et demi, Casanova avait quitté la scène médiatique en déplorant d'avoir payé "cher certains points que l’on a lâchés sur notre début de saison le temps que l’on se mette bien en place, que l’on intègre bien notre méthodologie d’entraînement et notre philosophie de jeu". On ignore ce que le coach artésien déclarera ce jeudi. Mais on peut prendre les paris qu'il sera une nouvelle fois question de jeu à mettre en place tant cela a été le leitmotiv de Casanova lors de la saison qui vient de s'achever...

Cela avait commencé le 13 juin 2016, jour de la présentation du nouvel entraîneur du Racing qui déclarait souhaiter "mettre en place un projet de jeu à partir d’une bonne possession de balle". L'ancien gardien de but répétait ses ambitions durant la préparation : "l’objectif est tout d’abord de bien mettre en place le modèle de jeu que l’on veut" (2 juillet), "les joueurs se sont bien imprégnés du modèle de jeu que l’on veut mettre en place cette saison" (7 juillet), "la pause fraîcheur nous a permis [...] de mieux mettre en place notre jeu" (9 juillet), "les joueurs ont réellement envie de mettre en place le jeu que l'on veut pratiquer" (13 juillet), "mettre un jeu un peu différent en place, cela demande un peu de temps" (16 juillet), "le 3-5-2 est un système qui permet de mettre en place le jeu que je souhaite pratiquer" (27 juillet).

Le discours n'allait pas changer à l'entame du précédent Championnat. "On a essayé de mettre notre jeu en place face à une équipe qui a tenté de mettre un système similaire au nôtre", déplorait Casanova, le 29 juillet à Niort, avant de regretter que ses joueurs n'aient pas réussi "à se libérer et à mettre en place le jeu qui doit être le nôtre et que l’on voulait pratiquer ce soir", le 3 août face à Tours. Le 23 août, face au Paris FC en Coupe de la Ligue, les jeunes allaient y parvenir selon l'ancien Toulousain qui estimait qu'ils "ont bien su gérer leurs émotions et mettre en place le jeu que l’on veut pratiquer".

Le 31 août se terminait le mercato estival qui avait permis d'accueillir des joueurs qui, "par rapport à notre méthodologie de jeu et ce que l’on veut mettre en place, sont très à l’aise" (7 septembre). Mais deux jours plus tard, face à Bourg-en-Bresse, le constat était négatif : "On a encore du mal à mettre notre jeu en place". Après une victoire face au Red Star, le 30 septembre, contre qui "on a mis notre jeu en place avec beaucoup de patience de maîtrise", la déception allait être au rendez-vous de nombreux matches de l'automne. Après une défaite à Sochaux, Casanova confiait le 20 octobre être "très frustré pour les joueurs. Ils ont vraiment mis en place le jeu qu’il fallait pour poser des problèmes à Sochaux et revenir avec les trois points". Deux jours plus tard, ses joueurs devaient se contenter du nul contre Reims, une équipe qui "ne permettait pas de mettre son jeu en place".

La Coupe de France était également l'occasion d'évoquer le projet de l'entraîneur lensois qui annonçait, avant de rencontrer Wasquehal, essayer "de faire les choses en tenant compte d’un maximum de complémentarité entre les joueurs pour mettre en place notre jeu" (2 décembre).

Après la trêve hivernale, le discours n'évoluait guère. "On a eu du mal à mettre notre jeu en place", déplorait Casanova face à Nîmes, le 21 janvier. Le 3 février, face à Troyes, "on n’a jamais pu mettre en place notre jeu si ce n’est dans les cinq dernières minutes de la première période et un peu plus en seconde période". Mais la sortie la plus célèbre du coach lensois allait avoir lieu le 7 février lorsqu'il mettait en cause l'état du terrain de Bourg-en-Bresse, "une pelouse qui ne permet pas de mettre en place le jeu que les deux équipes avaient sûrement envie de mettre en place".

Le 16 mars, Casanova était interrogé sur la montée en puissance de Habib Habibou. "Il y a encore des complémentarités à trouver et une intégration au niveau du jeu à mettre en place avec lui", estimait le technicien. Comme ses partenaires, l'ancien Rennais ne pourrait rien face à Brest. "On savait que cette équipe pouvait nous poser des problèmes en nous pressant, et que l'on aurait des difficultés à mettre notre jeu en place", regrettait ainsi l'entraîneur lensois le 1er avril. Rebelote face à Auxerre alors que Casanova avait "un objectif en tête : être très déterminé, mettre en place notre jeu et gagner le match" (13 avril). Pari perdu, comme face au Havre, le 24 avril. "On n'a jamais réussi à mettre notre jeu en place", pouvait constater l'ancien gardien de but.

Casanova bouclait la boucle le 12 mai, de retour d'un déplacement fructueux au Gazélec Ajaccio. "On a voulu avoir le ballon, et leur poser des problèmes en essayant d'être patient et de bien mettre en place notre jeu de position".

Avec la nouvelle saison qui débute, Casanova répétera-t-il toujours en boucle les mêmes mots ? Probablement car c'est lui qui, alors à Toulouse, déplorait en 2012 que "par rapport à ce qu'on veut mettre en place, à l'identité de jeu qu'on propose, c'est très difficile de jouer sur un terrain comme ça", déclarait en 2013 que "notre jeu se met progressivement en place", ou confiait en 2015 que l'un des objectifs d'un stage estival "consiste à intégrer tous les éléments technico-tactiques qu'on veut mettre en place" !

FatherTom

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