Un ancien favori et cinq intrus

Publié le par Lance

"Moins de place, plus de suspens" titrait le journal L'Équipe le 29 juillet, au matin de la reprise du Championnat de France de Ligue 2, annonçant une compétition "encore plus incertaine cette année avec le retour des barrages d'accession et de relégation". Le quotidien sportif ne s'est pas trompé, le suspens pour la montée est à son comble. Les six premières équipes lutteront lors de la dernière journée, vendredi, pour les deux billets donnant accès à l'élite, à défaut pour la troisième place synonyme de barrage contre le dix-huitième de Ligue 1.

Strasbourg, Amiens (deux promus), Troyes (relégué), Lens, Brest et Nîmes (déjà présents en L2 la saison passée) rêvent de Ligue 1. Des favoris du début de saison (voir en illustration ceux désignés par L'Équipe), le RCL est le seul encore en lice pour atteindre son objectif.

Lens n'avait pas caché ses ambitions en début d'exercice. "Si on prétendait que l'objectif n'est pas la montée, les gens penseraient qu'on n'est pas crédibles, avançait Alain Casanova. Mais ce n'est pas en le disant qu'on atteindra les objectifs. On sait que ce sera compliqué et qu'il y a sept ou huit équipes qui peuvent prétendre monter. On sait aussi qu'on sera attendus. Mais on a l'obligation de remonter."

Les cinq adversaires des Sang et Or se montraient plus prudents. Strasbourg, Troyes et Brest envisageaient un retour dans l'élite dans quelques saisons. "On reste un promu, rappelait Marc Keller (Strasbourg). L'exemple du Paris FC fait réfléchir. Ce sont des gens sérieux, ils travaillent bien. ils avaient 12 millions de budget en L2 la saison dernière, et ils sont redescendus." "Il y a une ambition sous-jacente qui est de retrouver la L1 à moyen terme, confirmait l'entraîneur alsacien, Thierry Laurey. À Strasbourg, il y a déjà les infrastructures et le public pour la L1. mais l'équipe n'est pas encore à ce niveau-là. […] Monter immédiatement en L1 n'est pas l'objectif  premier avec le Racing."

Le discours était identique à Troyes et à Brest. "On n'annonce rien, indiquait Jean-Louis Garcia, entraîneur du club de l'Aube. On est dans le cadre d'une reconstruction. […] On va essayer de faire le meilleur Championnat possible, mais on ne fait pas partie des favoris. Je vais amener mes principes et essayer de redonner une identité à cette équipe. On fera ensuite les ajustements nécessaires dès la deuxième année pour être très ambitieux." "On est dans l'inconnu, confiait Jean-Marc Furlan, dont l'effectif n'était composé que de seize joueurs en juin. Ce serait gonflé ou irresponsable de dire qu'on vise les trois premières places."

Les Crocodiles nîmois avaient, eux, pour objectif de terminer dans les dix premiers. "On repart de zéro", annonçait le capitaine, Mathieu Michel, depuis parti à Angers. "On ne pouvait pas retenir la plupart de nos joueurs, qui étaient soit en fin de contrat, soit en prêt, expliquait Bernard Blaquart, élu cette semaine meilleur entraîneur de Ligue 2. Et puis tant mieux pour eux si la saison dernière leur a servi de tremplin. C'est normal, c'est la vie. L'équipe va changer complètement de visage en attaque avec les incertitudes qui l'accompagnent. Là aussi, c'est la vie normale d'un club de notre standing." Après quatre saisons en National, le prestige d'Amiens était moindre. Les Picards espéraient éviter les trois dernières places. Et pourtant...

Pas le mieux placé à quelques mètres de la ligne d'arrivée, Lens est néanmoins le club qui a le plus à perdre vendredi. "Oui, je le vivrais comme un échec" affirmait en juillet Casanova lorsque l'hypothèse de ne pas ramener le club du Nord-Pas-de-Calais en Ligue 1 lui était présentée.

Lance

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