Chronique d'un échec redouté

Publié le par Lance

Chronique d'un échec redouté

"On peut avoir un sentiment d'inachevé parce que les joueurs ont fait des choses intéressantes, ont mené, et je trouve quelque part anormal de concéder l'égalisation sur une perte de balle et une situation qu'on ne gère pas très bien." Les regrets sont nombreux à l'issue de cette saison (voir notre article Des regrets, des regrets, des regrets). Alain Casanova en avait déjà exprimé le 22 juillet, à l'occasion du dernier match de préparation contre Arsenal (1-1).

Une semaine plus tard, lors de la première journée de Championnat, l'entraîneur exprimait à nouveau des regrets. "Je pense que, sur quatre-vingt-douze minutes trente, on perd deux points, au vu de nos situations favorables en première mi-temps. Et puis, sur trente secondes et un dernier corner, je pense que l'on gagne un point car, même si les Niortais ont eu très peu d'occasions, ils pouvaient gagner sur ce dernier coup de pied arrêté. Cela aurait été sans doute injuste."

Il en a été ainsi à de nombreuses reprises cette saison. Le plus grand gâchis est sans conteste le déplacement à Auxerre (15ème journée) où le RCL n'a pris qu'un point face à une équipe alors lanterne rouge. "Une fois de plus, on offre à l'adversaire la possibilité d'y croire et de revenir, se désolait l'entraîneur. On fait une première mi-temps bien maîtrisée. [...] C'est une mi-temps où l'on a le contrôle total du match, et où l'on doit rentrer au vestiaire avec au moins deux buts d'écart. En deuxième période, on a l'intention de breaker, de ne pas donner la possibilité à l'AJA de revenir dans le jeu et, surtout, d'y croire. Malheureusement, dans nos attitudes, notre comportement, dans le jeu, je pense que l'on a... non pas tout fait à l'envers mais on a fait preuve de suffisance, d'un manque d'intensité et d'engagement. On a ainsi permis à l'AJA de revenir dans le match et d'égaliser." "L'entraîneur est aujourd'hui placé face à la médiocrité affichée contre l'AC Ajaccio (1-1), dix-neuvième équipe en déplacement, et face à l'incapacité à s'imposer hier à Auxerre face à la lanterne rouge (1-1), écrivions nous le 19 novembre (voir notre article C'en est AC !). Contre les Corses comme contre les Bourguignons, les Lensois ont ouvert la marque mais fini par abandonner une victoire qui semblait pourtant leur tendre les bras. [...] Courtet a marqué à dix minutes de la fin du temps réglementaire et ce but n'a pas constitué une surprise. Spectateurs et téléspectateurs l'avaient senti arriver depuis plusieurs minutes mais Casanova a perçu l'évidence trop tardivement. "Je regrette de ne pas avoir pu faire le changement que je voulais faire juste avant l'égalisation parce que ça aurait peut-être équilibré un petit peu plus notre équipe. Malheureusement, le ballon n'a pas pu sortir avant cette égalisation""

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Lens n'a cette saison pas réussi à s'imposer face aux trois équipes qui le devancent. Le Racing a pourtant eu l'occasion de prendre trois points contre les deux promus comme contre le club qualifié pour le barrage contre le dix-huitième de Ligue 1. "Quel gâchis, pestait Casanova après le match nul à Troyes (5ème journée). Je ne comprend pas que l'équipe soit tombée dans cette forme de suffisance, de léthargie où l'on s'arrête de jouer. Le ballon vit moins, les échanges sont lents. Peu de mobilité, peu de déplacements. Tout ce qui avait fonctionné en première mi-temps avait soudain disparu. […] Je suis persuadé qu'il y avait mieux à faire, et que l'on devait revenir avec les trois points, ce soir."

Il y avait également mieux à faire à Amiens (22ème journée), où Lens menait 0-1 mais a encaissé un but à la 90ème minute et un second deux minutes plus tard. "C'est cruel pour l'équipe car il y avait eu beaucoup d'efforts de fait, et une première mi-temps assez intéressante, analysait encore une fois Casanova. Je pense que l'on menait logiquement au score. Malheureusement, en deuxième période, on s'est un peu arrêté de jouer. Notre objectif était de gérer notre avantage mais on ne peut pas se reposer sur un contrôle du résultat. Il fallait, au contraire, avoir pour objectif d'avoir un minimum de contrôle sur le jeu. On ne l'a pas eu. On a rendu très vite le ballon. […] J'espérais que l'on allait tenir, être capables, sur une situation, de mettre un deuxième but." "Menant au score grâce à un penalty de Lopez (19ème), les Lensois n'ont pas réussi à creuser l'écart malgré des situations intéressantes, regrettions-nous sur ce blog le 28 janvier (voir notre article À force de reculer...). Puis ils ont comme d'habitude reculé, reculé, reculé. Déjà mis en difficulté en fin de première période, les Sang et Or ont subi les assauts amiénois au retour des vestiaires. Lens voulait avant tout tenir, ce que reconnaît Alain Casanova. […] À force de vouloir se contenter du minimum, l'inéluctable est arrivé. Les 12 000 personnes présentes au stade l'avaient deviné depuis bien longtemps... à l'exception d'un entraîneur qui passe ses matches à marcher devant son banc de touche sans avoir beaucoup d'influence positive sur son équipe. Mamilonne a égalisé dans la dernière minute du temps réglementaire puis Kamara a permis à son équipe de prendre les trois points de la victoire (90ème +2). Le miracle de Tours ne s'est évidemment pas répété. Le Racing n'a pas marqué dans les dernières secondes de jeu. Comme à Troyes, à Clermont ou à Auxerre, Lens a perdu des points en déplacement en raison d'une philosophie de jeu néfaste."

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Les Sang et Or pouvaient prétendre s'imposer à Troyes et à Amiens. Ils ont également mal géré leur fin de match contre Strasbourg, le 8 mai. Trois minutes après avoir ouvert le score, ils ont en effet concédé l'égalisation sur un erreur défensive. "Le résultat est frustrant et décevant pour nous, admettait Casanova. On aurait mérité de gagner ce match. Notre équipe a fait un très gros match face à une belle équipe de Strasbourg. On avait fait le plus dur en ouvrant le score. Il y a eu une première période de très haut niveau de la part des deux équipes qui se sont créées des occasions. On n’a pas su garder l’avantage assez longtemps. Il y a eu un moment de déconcentration qui a suivi notre but et l’égalisation strasbourgeoise est arrivée rapidement, comme ça peut souvent arriver dans le football." "L'ouverture du score de Kenny Lala (penalty, 66ème) dans une grosse ambiance aurait dû permettre aux Lensois de prendre l'ascendant psychologique sur leurs adversaires, écrivions-nous le 9 mai (voir notre article Lens n'a plus son destin entre les mains). Elle les a pourtant paralysés. Ils ont immédiatement commencé à jouer à la baballe devant le but de Douchez et se sont fait punir dès la 69ème minute de jeu. Les Sang et Or n'ont pas réussi à mettre de rythme dans la fin de match et ne se sont créés que de timides opportunités."

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La réception des Alsaciens constituait aux yeux de l'entraîneur du Racing un match "important, et non décisif". En faisant match nul lors de la 36ème journée, les Lensois ont pourtant laissé leur avenir dans les mains de leurs adversaires. Chacun sait désormais comment cela s'est fini. "La montée ne se joue pas en février, mais fin mai", avait estimé Alain Casanova (voir notre article La montée se joue maintenant !). Ses joueurs ont laissé filé sept points sur quinze en février et ont été punis fin mai...

Lance

Publié dans Humeur