Lens déçoit encore et doit passer à un plan B

Publié le par Lance

Depuis le début de saison, les joueurs du Racing Club de Lens pénélopent. Ils travaillent ainsi en toute discrétion, à l'abri des regards, la quasi-totalité des entraînements se déroulant à huis clos. Personne ne peut assister aux séances et personne n'est donc aujourd'hui en mesure d'affirmer qu'ils travaillent vraiment. Le contenu de leurs rencontres ne lèvent nullement le doute.

Hier à Bourg-en-Bresse, les Lensois ont une fois encore livré une prestation de piètre qualité. Ils n'y ont pris qu'un point (0-0), ne méritaient pas plus et peuvent même s'estimer heureux du résultat final, leurs adversaires s'étant procurés de belles occasions en fin de rencontre (deux buts refusés pour hors jeu et un coup franc sur la barre).

Lens avance actuellement à un rythme de reléguable. Avec deux points sur douze gagnés lors des quatre dernières journées, Nicolas Douchez et ses partenaires affichent le dix-huitième bilan de Ligue 2 (seizième bilan lors des sept dernières journées avec un total de huit points). Après vingt-quatre journées, ils comptent le même nombre de points que la saison passée (37 unités). Le club a pourtant pu compter sur une enveloppe financière pour recruter quand il avait dû se contenter de joueurs libres un an plus tôt.

Comme la saison passée, le Racing est encore en course pour la montée. Il le doit au surplace que font la plupart de ses concurrents directs. Lens compte aujourd'hui seulement deux points de retard sur le deuxième (Troyes) et le troisième (Reims) quand il était dix longueurs derrière le deuxième (Nancy) et cinq derrière le troisième (Metz) il y a un an. Le RCL 2016-17 est donc en meilleure situation cette saison. Pourtant, la dynamique était plus favorable aux hommes d'Antoine Kombouaré. En sept journées, ils avaient ainsi pris sept points de plus que ceux d'Alain Casanova.

L'équipe entraînée par le Kanak avait lutté pour la montée jusque la trente-sixième journée. Il est difficile d'envisager aujourd'hui qu'une équipe qui déçoit et qui régresse puisse faire de même. Une victoire lundi contre Clermont permettrait d'espérer momentanément une bonne opération au classement. Elle ne suffirait pourtant pas à éteindre le mécontentement qui habite les supporters, contrairement à ce qu'estime l'entraîneur lensois. "Après les victoires face à Metz et Tours, tout allait bien", ose-t-il avancer lorsqu'il est interrogé sur la colère des supporters (voir notre article "Casanova casse-toi"). Celui qui considère que le plaisir passe uniquement par le résultat (voir notre article Comme une incompréhension) ignore que la qualité de jeu évite l'ennui, annonce de futurs succès et permet d'atteindre un objectif. Combien de bons matches a effectué le RCL depuis qu'il est entraîné par l'ancien technicien toulousain ? Combien de fois a-t-il séduit ? Après avoir disputé près de deux-tiers des journées de Championnat, quel est le "match référence" de cette équipe ?

Le RCL de Casanova est une équipe dont les fondations reposent sur des sable mouvants. La philosophie de jeu prônée par l'entraîneur lensois éteint les joueurs les uns après les autres. Pour sa première rencontre disputée en Ligue 2, Thomas Ephestion n'a pas hésité à aller de l'avant et à chercher à amener le danger dans la défense adverse. Il est à craindre qu'il se contente dans quelques semaines de multiplier les passes sans aucune prise de risque, comme le font aujourd'hui tous ses partenaires, opprimés par le culte de la possession.

Lens est toujours en bonne position dans la course à la Ligue 1. Casanova et ses joueurs et se réfugient derrière la seule lecture du classement. Gervais Martel semble attendre que la pièce jetée en début de saison retombe, si possible du bon côté. Une telle attitude pourrait s'avérer dangereuse pour l'issue de la saison. Le président lensois doit attraper la pièce au vol et convaincre ses actionnaires, qui ont installé Casanova à la tête de l'équipe première lensoise, du bien fondé d'un changement d'entraîneur. La saison passée, les dirigeants du FC Metz avaient remplacé José Riga par Philippe Hinschberger à l'issue des matches aller alors que les Grenats étaient sixièmes avec un seul point de retard sur le troisième mais restaient sur une série de quatre points gagnés en six matches. Bernard Seurin avait expliqué cette décision par "une analyse approfondie des résultats à mi saison et aussi de leur évolution au fil du temps."

Le RC Lens ne peut se contenter d'espérer que demain soit meilleur parce que la pelouse sera plus verte. C'est en jouant, en affichant un état d'esprit offensif, en se montrant convaincant et vraiment supérieur à ses adversaires qu'il doit atteindre son objectif de montée. En faisant donc tout ce qu'il n'a pas fait depuis le début de saison...

Lance

 

Championnat de France 2016-17 - Ligue 2
Vingt-quatrième journée

Bourg-en-Bresse - Lens : 0-0
Avertissements au Burgien Nirlo (80ème) ; au Lensois Opare (90ème +2)

Bourg-en-Bresse : Fabri - Faivre (cap.), Ponroy (Digbeu, 25ème), Perradin, N'Simba - Nirlo, Damour, Del Castillo (Bègue, 78ème), Hoggas, Berthomier - Heinry. Entraîneur : Hervé Della Maggiore

Lens : Douchez (cap.) - Opare, Duverne, Cvetinovic, Lala - Bostock, Koukou, Bellegarde (Ephestion, 63ème) - Fortuné, Lopez, Zoubir (Gérard, 74ème). Entraîneur : Alain Casanova.

Photo : FBBP

Vous pouvez discuter de la situation du RCL et de l'apport de son entraîneur sur le forum Cœur Sang et Or.

Publié dans Humeur