Où est la concurrence ?

Publié le par Lance

Il y a un an, Lens s'était déplacé à Quevilly à l'occasion du septième tour de la Coupe de France. Antoiné Kombouaré avait profité de ce match face à une équipe de CFA pour donner du temps de jeu à des joueurs qui en avaient eu peu lors des rencontres précédentes. Le Kanak avait ainsi titularisé Christian Bekamenga (69 minutes de jeu à l'occasion de trois entrées lors des quatre matches précédents), Lalaina Nomenjanahary (blessé pendant plus d'un mois, il n'avait joué que 65 minutes à l'occasion de trois entrées lors des quatre matches précédents), Anthony Scaramozzino et Guirane N'Daw (aucune minute de jeu lors des trois matches précédents). La tentative n'avait pas été un succès. Lalaina Nomenjanahary avait été remplacé par Mathias Autret dès la vingt-quatrième minute après avoir multiplié les glissades en raison d'un mauvais choix de chaussures ("C'est inadmissible, avait pesté Kombouaré. Il joue sur un terrain humide avec des moulés"). Également remplacés en cours de partie, Christian Bekamenga et Guirane N'Daw avaient ce soir-là effectué leur dernière apparition sous le maillot Sang et Or. Le RCL avait été éliminé (2-1) mais la faute n'incombait évidemment pas qu'à ces quatre joueurs. Kombouaré avait au moins eu le mérite d'essayer de relancer des joueurs et de s'offrir davantage de solutions pour la suite de la saison.

Alors qu'il avait fait tourner son effectif dans une très large proportion contre le Paris FC (National), lors du deuxième tour de la Coupe de la Ligue, Alain Casanova pourrait cette fois choisir ne pas profiter de la Coupe de France pour faire de même. "Pour respecter l’adversaire, la compétition et nos objectifs, je vais mettre la meilleure équipe possible en place en fonction des états de forme et de la complémentarité de chacun" a déclaré jeudi l'entraîneur, avouant donc ne pas avoir respecté le Paris FC et la Coupe Machin en août.

Casanova a retenu un groupe de seize joueurs dans lequel figurent quatorze éléments convoqués lundi pour la réception de l'AC Ajaccio. Les deux changements (Koukou et Banza remplacent Guira et Lopez) ne relèvent pas d'un choix du technicien mais lui ont été imposés, le Burkinabé étant en sélection et l'Espagnol à l'infirmerie. Que son équipe gagne ou perde, qu'elle séduise ou endorme les spectateurs, Casanova effectue très peu de changements lorsqu'il s'agit de sélectionner seize joueurs comme lorsqu'il faut en aligner onze.

Loïck Landre, Patrick Olsen et Teddy Chevalier ne peuvent que se sentir exclus du groupe professionnel lensois. Le défenseur l'a bien cherché et son entraîneur respecte son vœu puisqu'il ne voulait plus jouer au RCL mais préférait défendre d'autres couleurs. La rumeur l'envoie à Bastia et il serait préférable que le transfert se conclue. Le Danois - qui s'était montré intéressant la saison passée, marquant notamment 10% des buts du Racing en Championnat en ne jouant que 32 % du temps - n'a pas joué la moindre seconde cette saison. "Patrick a un profil un peu différent de ce que l’on veut, a reconnu Casanova en septembre. D’autres joueurs montrent davantage d’agressivité et d’intensité au milieu de terrain. Il travaille au quotidien pour s’améliorer par rapport à certains côtés de son jeu que j’aimerais voir changer. La concurrence reste féroce dans ce secteur de jeu. Pour le moment, il est considéré comme les autres." Le Nordiste a dû lui se contenter de treize minutes de jeu à Nîmes puis de quatorze minutes contre Amiens cinq jours plus tard. En Coupe de la Ligue, il a davantage été envoyé au casse-pipe au sein d'une équipe de jeunes évoluant en 5-3-2 qu'il n'a bénéficié d'une occasion pour s'imposer. Ses temps de jeu semblent à nos yeux insuffisants pour savoir quel est son véritable niveau ; ils sont pour Casanova suffisants pour le condamner. Ses performances lorsqu'il a été envoyé en CFA (trois buts en deux matches en l'espace de huit jours, le 27 août contre Saint-Maur et le 3 septembre à Arras) ne lui ont pas permis de retrouver l'équipe première.

En écartant ainsi des joueurs de manière probablement définitive, Casanova se prive de solutions en cas d'avalanche de blessures et de suspensions. Il est d'ailleurs curieux que Zedadka - blessé à Niort le 29 juillet et de retour en CFA depuis le 1er octobre - ne soit pas convié pour jouer contre une équipe de DHR, laissant en l'absence de Lala le poste d'arrière droit à Karim Hafez, qui y fera peut-être l'affaire contre des amateurs mais y a été en difficulté lundi contre un modeste adversaire de Ligue 2. Par ses choix, Casanova fait naître incompréhension et frustration chez certains de ses joueurs et prend le risque que ces sentiments se transforment en colère au sein du vestiaire en cas de mauvais résultats.

Alain Casanova avait réclamé tout au long du mois d'août de  pouvoir compter sur un effectif davantage fourni. Le 1er septembre, au lendemain de la fermeture du marché des transferts et de la signature de Karim Hafez, Cristian Lopez, Victor Klonaridis et Adama Guira (le milieu de terrain n'a joué que cinquante-trois minutes depuis son arrivée), il se disait "très satisfait" du recrutement : "Jusqu’à ces dernières arrivées on avait un effectif qui était intéressant mais qui était inférieur à ce que la compétition exige. Pour ce mercato d’été, il y a eu onze départs et douze arrivées. C’est ce qu’il fallait pour être réellement compétitif. Un championnat comme celui de la Ligue 2 ne se joue pas seulement avec une équipe, il se joue avec un groupe conséquent dans lequel il y a de l’émulation et de la qualité." Où est l'émulation ? Où est la concurrence ?

Lance

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