C'en est AC !

Publié le par Lance

"Aujourd'hui, on ne peut pas parler de nos ambitions", a reconnu Alain Casanova après le match nul du Racing à Auxerre (1-1). Cette déclaration sonne comme un aveu d'échec pour l'entraîneur, incapable de guider son équipe vers des résultats conformes à son objectif de montée. L'éclaircie de septembre (trois victoires consécutives contre Orléans, à Valenciennes et contre le Red Star) semble ce matin très loin. Les bénéfices de la victoire à Brest, le 31 octobre, ont disparu. Revenus alors à deux points de la deuxième place et à quatre points de la première, les Sang et Or comptent deux journées et deux nuls plus tard cinq longueurs de retard sur les places donnant directement accès à la Ligue 1, voire huit sur la première si Brest s'impose lundi contre Niort.

L'éclaircie de septembre a chassé les nuages qui s'accumulaient au-dessus de la tête de Casanova (onzième place après sept journées lors desquelles le RCL a pris huit points sur vingt-et-un). Le rayon de soleil brestois ne peut faire oublier les mauvais résultats enregistrés depuis le début du mois d'octobre (dixième place* lors des cinq dernières journées avec un total de six points sur quinze). L'entraîneur a d'abord pu se réfugier derrière le bon classement de Sochaux (1-0) et de Reims (1-1) ainsi que derrière la domination exercée dans le Doubs. Il est aujourd'hui placé face à la médiocrité affichée contre l'AC Ajaccio (1-1), dix-neuvième équipe en déplacement, et face à l'incapacité à s'imposer hier à Auxerre face à la lanterne rouge (1-1). Contre les Corses comme contre les Bourguignons, les Lensois ont ouvert la marque mais fini par abandonner une victoire qui semblait pourtant leur tendre les bras.

Le match dans l'Yonne aurait dû être plié dès la mi-temps, tant les Artésiens dominaient les débats face à un adversaire d'une rare faiblesse. Nicolas Douchez et ses partenaires sont pourtant rentrés aux vestiaires avec le soulagement d'avoir enfin réussi à ouvrir le score (Lopez, 40ème) et ils ne sont pas parvenus à inscrire un deuxième but en deuxième période. Le temps des regrets allait arriver. "J'espérais beaucoup de la seconde période à partir du moment où ils n'ont pas tué le match" a indiqué Cédric Daury, entraîneur de l'AJA.  Courtet a marqué à dix minutes de la fin du temps réglementaire et ce but n'a pas constitué une surprise. Spectateurs et téléspectateurs l'avaient senti arriver depuis plusieurs minutes mais Casanova a perçu l'évidence trop tardivement. "Je regrette de ne pas avoir pu faire le changement que je voulais faire juste avant l'égalisation parce que ça aurait peut-être équilibré un petit peu plus notre équipe. Malheureusement, le ballon n'a pas pu sortir avant cette égalisation", a déclaré l'ancien Toulousain face à la presse. L'entraîneur a hier soir procédé à deux changements : il a sorti Gérard qui s'amusait avec la défense adverse pour faire entrer Klonaridis qui n'a rien apporté (72ème) puis a fait remplacé Zoubir par Koukou (84ème). Pour préserver le point du nul ? "Auxerre aurait peut-être pu faire la différence sur la fin" a souligné le technicien.

Comme après chaque match (ou presque... voir notre article Casanova trouvera-t-il les solutions ?), Casanova a dressé la même liste des lacunes de son équipe en montrant qu'il maîtrisait mieux le dictionnaire des synonymes que le manuel de l'entraîneur : "On est tombé dans une forme de suffisance, dans une forme de jeu sans intensité, sans rythme, sans la volonté de mettre le deuxième but, sans la volonté de faire mal à l'AJA et on l'a payé." Le Racing est en fait à l'image de son entraîneur : pépère. Le manque de concurrence au sein du groupe artésien (voir notre article Où est la concurrence ?) n'est probablement pas étranger au rythme de sénateur affiché par les joueurs qui ont évolué hier sur un rythme semblable à celui affiché six jours plus tôt contre Marcq-en-Barœul...

Comme beaucoup de ceux qui ont le cœur Sang et Or, Gervais Martel était hier soir très énervé. "Je ne parle pas. Je vais être grossier, désagréable. Il faut que je me calme." Au même moment, Alain Casanova apparaissait impassible. "Il faut garder son calme mais c'est sûr que intérieurement je suis très énervé et très déçu", expliquait-il. Il va pourtant bien falloir qu'il exprime ce mécontentement à ses joueurs afin que son équipe livre un autre visage vendredi face au Havre. S'il ne trouve pas rapidement la solution aux maux lensois, un autre pourra peut-être y parvenir...

Lance

* Onzième si Amiens prend au moins un point cet après-midi au Havre.

Championnat de France 2016-17 - Ligue 2
Quinzième journée

Auxerre-Lens 1-1
Buts : Lopez (40ème) pour Lens ; Courtet (80ème) pour Auxerre
Avertissements aux Auxerrois Sparagna (54ème), Aguilar (89ème) ; aux Lensois Gérard (45ème +1), Cvetinovic (57ème), Fortuné (82ème)

Lens : Douchez (cap.) - Lala, Duverne, Cvetinovic, Hafez - Bostock, Bourigeaud - Gérard (Klonaridis, 72ème), Fortuné, Zoubir (Koukou, 84ème) - Lopez. Entraîneur : Alain Casanova

Auxerre : Boucher - Aguilar, Tacalfred, Sparagna, Traoré - Konaté, Mathis (cap.), Kilic (Fumu Tamuzo, 64ème) - Obraniak - Courtet, Touzghar. Entraîneur : Cédrix Daury.

Photo : rclens.fr

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