Quand tu vois jouer Lens, tu as juste envie de pleurer...

Publié le par Lance

Quand tu vois jouer Lens, tu as juste envie de pleurer...

Les tribunes de Bollaert se sont copieusement dégarnies alors que Lensois et Burgiens jouaient encore. Beaucoup de ceux qui sont restés ont sifflé leur équipe une fois le temps additionnel terminé. Ces scènes, d'ordinaire vécues les soirs de lourdes défaites, se sont produites alors que les deux équipes se sont quittées sur un score de parité (1-1). Lens n'a pas perdu, mais c’est tout comme. Le poteau de Douchez a d'ailleurs repoussé une frappe adverse à la 82ème minute et ainsi évité que les Sang et Or retournent aux vestiaires avec une défaite qui serait apparue comme méritée.

À vrai dire, une victoire artésienne sur un malentendu - comme celui qui a permis au Racing d'ouvrir le score grâce à un but contre son camp de Perradin (56ème), alors que Zoubir cherchait à servir Fortuné à l'occasion d'une des rares actions lensoises dignes d'intérêt - n'aurait rien changé à l'analyse. L'équipe d'Alain Casanova a à ce jour deux grands problèmes : elle est mauvaise et elle suscite l'ennui.

Après huit matches officiels, le néant apparaît être une des principales caractéristiques de cette équipe. Celles qui avaient profité d'invitations pour découvrir Bollaert et avait été informées que la lanterne rouge de Ligue 2 y jouait ont pu penser que c'est le club du Pas-de-Calais qui n'avait pris que deux points et avait encaissé dix buts en cinq matches. Éliminé en Coupe de la Ligue, le RCL - qui n'est plus surveillé par la DNCG et a donc pu modeler son effectif cet été avec des moyens plus appréciables que ceux dégagés depuis la descente de 2008 - est en milieu de tableau avec seulement sept points gagnés en six journées. Il ne donne pas l'impression de progresser mais plutôt de régresser. Le 4-3-3 qui avait suscité l'espoir dans la première quinzaine d'août provoque désormais le même rejet que le 5-3-2 testé sans réussite ni enthousiasme lors de la préparation estivale et à l'occasion de trois rencontres officielles. Match référence du début de saison, le déplacement à Nîmes est désormais un lointain souvenir auquel on se raccroche pour tenter de se persuader que le Racing peut mettre son adversaire en danger. Un travail de mémoire nécessaire avec une équipe qui n'a marqué que sur penalty puis sur csc lors de ses quatre dernières sorties (dont trois à domicile) et qui n'a pratiquement jamais approché des buts adverses. Dans le Gard, les Lensois avaient affiché des lacunes défensives mais avaient pu profiter d'un grand manque de réalisme des joueurs locaux. Pas besoin de fouiller dans sa mémoire pour que les images resurgissent. Les Nordistes font régulièrement des piqûres de rappel. Et ça fait mal. Comme Tours lors de la deuxième journée, Amiens a marqué sur corner. Hier, cinq minutes après avoir concédé l'ouverture du score, les Bressans ont égalisé sur coup franc. Encore une fois, les Lensois ont très mal défendu. Entre ces deux rencontres, une grosse erreur de Ba avait permis à Troyes de marquer.

Avec beaucoup de travail, le retour des joueurs blessés, la qualification de Guira et Hafez ainsi que les titularisations de Klonaridis et Lopez, Lens obtiendra peut-être de meilleurs résultats. La même idée avait déjà été émise après le match dans l'Aube mais Casanova a hier reconduit de façon incompréhensible le même onze pour la troisième fois consécutive en Championnat, titularisant notamment Autret qu'il avait publiquement critiqué à Troyes. Il faut croire que deux semaines suffisent à devenir un footballeur de haut niveau...

Les éléments qui permettent à Casanova de bénéficier de temps pour tenter d'améliorer les résultats de son équipe peuvent-ils permettre de chasser l'ennui ? Pas sûr. Le bloc équipe très bas, la multiplication des passes entre défenseurs, le pressing exercé par le seul attaquant de pointe quand les autres joueurs attendent l'adversaire retranchés dans leur camp, l'absence de prise de risque, le refus de prendre le jeu à son compte et la préférence pour la contre-attaque correspondent à une certaine idée du football. C'est cette philosophie qui a ennuyé les Toulousains pendant des années et qui produit aujourd'hui le même effet chez les Lensois. "Quand tu vois jouer Toulouse, tu as juste envie de pleurer" estimait Pierre Ménès en 2013. La déclaration peut dorénavant être reprise pour Lens...

Lance


Championnat de France 2016-17 - Ligue 2
Sixième journée

Lens - Bourg-en-Bresse 1-1
Buts : Perradin (56ème, c.s.c.) pour Lens ; Heinry (61ème) pour Bourg-en-Bresse
Avertissements aux Lensois Scaramozzino (59ème), Bostock (66ème), Douchez (81ème) ; au Burgien Nirlo (81ème)

Lens : Douchez (cap.) - Lala, Duverne, Ba, Scaramozzino - Bostock, Koukou, Bourigeaud - Autret (Gérard, 78ème), Fortuné (Lopez, 80ème), Zoubir (Klonaridis, 72ème). Entraîneur : Alain Casanova

Bourg-en-Bresse : Fabri - Dikamona, Ponroy (Perradin, 46ème) (Faivre, 77ème), Abdoulaye, Nsimba - Berthomier (Hoggas, 73ème) - Nirlo (cap.), Gamiette, Damour, Del Castillo - Heinry. Entraîneur : Hervé Della Maggiore.

Photo : rclens.fr

Publié dans Humeur