Dixième injustice de la saison

Publié le par Lance

Les supporters lensois suivront le dernier déplacement de la saison de leur équipe, vendredi à Bourg-en-Bresse, comme ils avaient vécu le premier, le 1er août à Metz : devant leur télé. La Préfecture de l'Ain a en effet pris un arrêté interdisant "à toute personne se prévalant de la qualité de supporter du Racing Club de Lens, ou se comportant comme tel, d’accéder au stade Marcel Verchère". C'est la neuvième* fois en dix-neuf déplacements de Ligue 2 que les Lensois sont victimes d'une décision injuste (le déplacement en Coupe de France à Quevilly s'ajoute à cette trop longue liste).

Comme pour chaque arrêté s'attaquant aux libertés fondamentales des supporters, plusieurs des arguments avancés par Laurent Touvet pour justifier sa décision sont ridicules et sans fondement. S'ils ne privaient pas des supporters de leur passion et ne faisaient pas d'eux des sous-citoyens, ces arguments pourraient faire rire...

Dixième injustice de la saison

Comme le Préfet du Gard, le Préfet de l'Ain est pris en flagrant délit de mensonge en écrivant que "de violents incidents ont opposé les 1 500 visiteurs qui avaient effectué le déplacement aux forces de l'ordre". Les incidents du Havre ont été l’œuvre d'une minorité. L'ensemble des supporters a pourtant été sanctionné par la Commission de discipline de la LFP qui a décidé le 25 février de "la fermeture pour quatre matchs de l’espace visiteurs du RC Lens à l’extérieur" (déplacements à Tours, Sochaux, Laval et Nancy).

1 500 personnes auraient été auteurs de violence au Stade Océane ? Quatorze ont été déférées devant le tribunal de Béthune, sont actuellement interdites de stade et seront jugées le 1er juin. Soit l'ancien directeur adjoint du cabinet du garde des Sceaux Dominique Perben sous-entend que la justice désigne de façon symbolique quelques individus qui seront jugés au nom des autres ; soit l'ancien directeur des Libertés publiques et des affaires juridiques au ministère de l'Intérieur prive de stade des centaines de personnes à qui la justice n'a rien à reprocher.

Trois mois après les incidents du Havre, des préfets continuent de se servir de ces événements pour interdire de déplacement les supporters lensois. Durant combien de mois voire d'années comptent-ils le faire ? Étrangement, ni le Préfet du Gard, ni le Préfet de l'Ain ne soulignent que le seul déplacement que les supporters lensois ont pu effectuer depuis s'est très bien passé (déplacement à Niort, le 8 avril).

Dixième injustice de la saison

Diplômé de l'école des hautes études commerciales (HEC) de Paris, Laurent Touvet ne semble pourtant pas avoir le niveau d'un élève de primaire en mathématiques. Qu'il lise donc plusieurs fois cette explication et n'hésite pas à demander un peu d'aide s'il ne la comprend pas... Nancy et Dijon étant déjà promus, il reste un seul billet à distribuer pour la Ligue 1. Avec 62 points, Metz est actuellement en position de retrouver l'élite. Lens comptant 55 points alors qu'il reste deux matches à jouer et qu'une victoire rapporte trois points, le RCL peut au maximum atteindre un total de 61 points (55 + 3 + 3) et ne peut donc plus doubler Metz. C'est clair ?

Il est inconcevable que des Préfets utilisent un enjeu sportif pour interdire à des supporters de se déplacer. Il l'est tout autant lorsque la rencontre ressemble à un match amical.

Dixième injustice de la saison

5 000 spectateurs dont 500 lensois dans une ville de 40 000 habitants ? Impressionnant ! Monsieur Touvet sait-il que Lens, ville de 33 000 habitants, possède un stade de 38 000 places qui accueille cet été l'Euro et ses milliers de visiteurs ?

Dixième injustice de la saison

Soit le Stade Verchère est aux normes de la Ligue 2 et il peut alors accueillir les supporters visiteurs ; soit il n'est pas aux normes et il est alors incompréhensible et anormal que le FBBP puisse y jouer.

Comment ce stade qui accueille en moyenne 2 332 spectateurs par match de Ligue 2 a-t-il pu recevoir 4 694 personnes parmi lesquelles de nombreux Nantais le 28 octobre pour un seizième de finale de Coupe de la Ligue ? La route à quatre voies n'avait alors pas encore été construite ?

Rappelons une fois de plus que les supporters sont des citoyens à part entière. Ils doivent donc pouvoir profiter de leurs libertés fondamentales parmi lesquelles la liberté de circulation et la liberté de réunion. En cas d'incidents, la justice prévalant normalement dans un État de droit doit s'appliquer. Les coupables doivent ainsi être sanctionnés. Seulement les coupables.

Lance

* Des arrêtés (ministériels ou préfectoraux) ou des sanctions de la Commission de discipline de la LFP ont concerné cette saison les déplacements du RCL à Metz, Ajaccio, Paris, Tours, Sochaux, Laval, Nancy, Nîmes, Bourg-en-Bresse (Ligue 2) et Quevilly (Coupe de France).

Publié dans Humeur