Maquet : "On ne résoudra pas le problème tant que Mammadov ne se montrera pas"

Publié le par Lance

Maquet : "On ne résoudra pas le problème tant que Mammadov ne se montrera pas"

Après Gervais Martel et Daniel Percheron, Grégory Maquet s'est à son tour heurté à "un mur" appelé Hafiz Mammadov. Les sites de L’Équipe et de La Voix du Nord titraient vendredi dernier "Maquet en passe de reprendre le RC Lens" et "Maquet sur le point de racheter le RC Lens". L'homme d'affaires belge n'était en fait pas plus avancé que quelques mois plus tôt et faisait une nouvelle offre de rachat du club à Hafiz Mammadov, incapable depuis près de deux ans de tenir ses engagements et de financer l'Atletico Madrid (sponsoring maillot dont le contrat a pris fin sans avoir été payé), le FC Bakou et le RC Lens (clubs dont Mammadov est actionnaire).

Comme chacun le pressentait au fil des différents ultimatums lancés dans la semaine par le clan Maquet, le PDG de Century 21 Benelux a renoncé (provisoirement ?) à racheter le RCL. "Je ne suis plus candidat à la reprise du RC Lens, a-t-il expliqué hier soir dans différents médias. On est amer et déçu." Le Belge n'a reçu de réponse ni à sa demande d'entretien avec Mammadov, ni aux différentes offres de rachat qu'il a émises. "Notre offre expirait ce samedi midi et, sans nouvelles d’Hafiz Mammadov, nous avons décidé d’arrêter là. Je viens d’avoir Gervais Martel pour le prévenir, il y a quarante-cinq minutes. Il était très déçu. [...] Notre projet était cohérent, il y avait des étapes obligées face à un actionnaire qui officiellement n'était pas vendeur. Mais on espérait aller jusqu'au bout. Dans une situation normale, ça aurait dû marcher."

Grégory Maquet avait augmenté son offre pour la porter à un niveau qu'il estime correct pour Mammadov. "Notre offre permettait une sortie à tous, de manière élégante. Elle était supérieure à celle d'Hafiz Mammadov en 2013 qui a payé 2,5 millions d'euros au Crédit Agricole pour racheter le club." En cédant 75% des parts qu'il possède dans la SASP RC Lens "Hafiz Mammadov avait les moyens de récupérer 5 à 6 millions d'euros très rapidement" et pouvait espérer davantage encore en vendant le reste de ses parts d'ici trois ans. "Notre plan de développement et de revalorisation était solide, estime celui qui espérait devenir président du Racing. Il pouvait espérer une belle revalorisation." Au terme de négociations avec le directeur financier du Baghlan Group et Ignacio Aguillo, dirigeant de l'Atletico Madrid représentant les intérêts de Mammadov, le Belge a compris que l'Azerbaïdjanais ne vendrait pas le club sans récupérer le totalité des 24 millions qu'il y a investis. "Avec au moins une quinzaine de millions d'euros à mettre derrière, calcule l'homme d'affaires, ça faisait une reprise à 40 millions, ça n'avait aucun sens."

Après neuf mois de travail sur le dossier RCL, Grégory Maquet insiste sur la responsabilité de Mammadov dans la situation du club. "Ni les politiques ni Gervais Martel ne peuvent contraindre un homme à répondre quand il ne le veut pas. Soit Mammadov n'est pas réellement au courant de la situation économique, soit il est dans le déni. [...] Je me suis heurté à un mur. À ce point-là, c’est presque incompréhensible. [...] On ne résoudra pas le problème tant qu'il ne se montrera pas."

L'investissement de Mammadov en 2013 avait permis au Racing de gagner son billet pour la Ligue 1 en fin de saison 2013-14. Le non respect des engagements pris par l'Azerbaïdjanais devant la DNCG puis dans un mail adressé à l'avocat en charge du dossier lensois le 25 juillet 2014, juste avant que le comité exécutif de la FFF se prononce sur la montée du Racing (Mammadov déclarait avoir mis à disposition du club "de façon irrévocable" une somme de quatre millions d'euros et s'était engagé à verser quatorze millions en janvier 2015), ont entraîné une interdiction de recrutement et la relégation du club en mai 2015. Son refus d'accepter les solutions proposées pour assainir les finances du club et le péréniser met plus que jamais le RCL en danger. "Il se dit beaucoup de choses désagréables sur Gervais Martel, observe Maquet. Mais je tiens à préciser qu’il a toujours tenté de faire avancer les choses. Il se bat tous les jours pour trouver des solutions pour son club mais il ne peut contraindre Hafiz Mammadov à vendre contre son gré. Il fait ce qu'il faut pour gagner du temps mais on est proche de la fin. Il peut tenir encore quelques jours, voire quelques semaines tout au plus." Le président lensois s'exprimera ce dimanche à 17 heures.

Lance

Publié dans Humeur