Les Sang et Or sont les plus forts ?

Publié le par FatherTom

Les Sang et Or sont les plus forts ?

"Qui c'est les plus forts ? Qui c'est qu'on adore ?" En d'autres temps, lorsque le Racing surfait sur le haut de la vague, la sono de Bollaert posait invariablement ces questions durant les avant matches. La mélodie se poursuivait avec la seule réponse possible : "les Sang et Or" ! Depuis, la roue a tourné et les programmateurs du stade lensois se gardent bien de dépoussiérer les anciens CD.

Il arrive pourtant que les Artésiens impressionnent leurs adversaires. Vendredi dernier, à l'issue de la défaite des Nordistes face à Évian (2-1), Safet Susic, entraîneur savoyard, a tenu à souligner que "Lens est la meilleure équipe que [l'ETG ait] affrontée." Des propos aussitôt corroborés par son gardien, Benjamin Leroy, qui a lui aussi observé que "Lens est la meilleure équipe" rencontrée jusqu'ici par Évian. "Ce soir, ça ne se joue à rien", estimait-il également. Le compliment est appréciable alors que les joueurs des Alpes ont déjà reçu le quatrième (2-2 face à Clermont) et se sont déjà déplacés chez le deuxième (défaite 2-1 à Metz) et chez le cinquième (victoire 0-2 face à Bourg-en-Bresse). Surtout, ces déclarations font écho à celles entendues dans les couloirs du Stade Francis Le Blé alors que Lens venait d'y être défait (2-1) par Brest le 14 septembre. Alex Dupont, entraîneur breton, estimait alors que "le résultat [était] assez flatteur. Lens repart frustré, et je peux le comprendre." Pilier de la défense du Stade Brestois, Simon Falette confiait pour sa part que "le classement des Lensois ne [reflétait] pas la qualité de leur équipe. C'est une grosse formation."

Lors de ces deux matches, les Sang et Or ont su par moment proposer du jeu et se procurer des occasions face à des équipes pourtant solides à domicile. En plus de trouver l'ouverture par l'intermédiaire de Dème Ndiaye, les Lensois ont ainsi eu d'autres occasions de marquer (deux situations nettes pour Christian Bekamenga, deux autres pour Wylan Cyprien) face à l'ETG, quatrième meilleure défense de Ligue 2. En Bretagne où Jonathan Nanizayamo était parvenu à égaliser, les possibilités de marquer un autre but s'étaient enchaînées alors que Brest possède le deuxième meilleur bilan de Ligue 2 à domicile. Outre l'attaquant lensois, seuls deux autres joueurs ont trompé la défense finistérienne sur ses terres.

Mais si Lens ne peut recevoir ce titre de meilleure équipe décerné par les Savoyards, il le doit un peu à sa maladresse offensive et beaucoup à sa fragilité défensive. Les Sang et Or ont cette fâcheuse habitude de se mettre des handicaps. "On a du retard à l’allumage, pestait Antoine Kombouaré au Parc des Sports d'Annecy. On était encore au vestiaire qu’on était déjà mené 1-0 […] Évian a eu trois occasions dans le match, et a marqué deux fois. J’espère qu’on va arrêter de faire des cadeaux, et enfin être efficace." Malgré une solidité retrouvée à Valenciennes et face à Sochaux, les maux restent en effet toujours les mêmes : il suffit aux attaquants adverses de pénétrer une ou deux fois la défense lensoise pour marquer. Avant l'ETG, Brest avait "eu très peu d’occasions" selon le Kanak alors que Tours avait "réussi à marquer alors qu’elle a eu peu d’occasions en seconde période."

S'ils ne progressent pas, les Lensois sont condamnés à écouter à l'occasion des louanges qui ne rapportent rien. Ce qui est en passe de devenir une bien mauvaise habitude... Déjà la saison dernière, ils avaient laissé passer de nombreux points en affichant un football parfois séduisant, à écouter leurs adversaires. "On félicite Lens, qui a une décontraction dangereuse pour tous ses adversaires, en jouant les matches comme une bande de scouts en vacances, avec sept ou huit joueurs qui deviendront de très bons joueurs de Ligue 1", déclarait par exemple Rolland Courbis après une bonne prestation lensoise à Montpellier (3-3) qui ne lui avait rapporté qu'un point, quelques semaines après une défaite à Marseille (2-1) alors que l'équipe artésienne avait laissé "une très bonne impression" à Marcelo Bielsa.

"Faire un bon match, ça ne suffit pas : il faut qu'il y ait la victoire au bout", clame Antoine Kombouaré. Il y a quelques saisons, la sono de Bollaert demandait également "qui c'est qui va gagner ?". Désormais, ce ne sont plus les gars du Pas-de-Calais : depuis un an, Lens n'a remporté que sept des quarante-deux matches qu'il a joués, soit un ratio de 16,7 % de victoires seulement...

FatherTom

Photo : rclens.fr

Publié dans Humeur