Bela, un exil fructueux et regrettable

Publié le par Lance

Bela, un exil fructueux et regrettable

Buteur contre Lens, Jérémie Bela a été élu homme du match par les spectateurs du Stade Gaston Girard, vendredi soir, à l'issue de la défaite artésienne à Dijon (2-0). Récompensé de sa belle prestation par une note de 8, l'attaquant figure dans l'équipe type établie par France Football à l'occasion de la quatrième journée de Ligue 2.

Joueur rapide et doté d'une technique qui pourrait rendre jaloux plusieurs joueurs lensois, Bela (vingt-deux ans) a été formé à la Gaillette et a disputé vingt-quatre rencontres sous les couleurs Sang et Or. Lancé en équipe première par Éric Sikora le 5 octobre 2012, le natif de Melun avait disputé seize matches de Ligue 2 (neuf titularisations, un but, une passe décisive) et cinq matches de Coupe de France (deux buts) en 2012-13 mais n'avait pas réussi à convaincre Antoine Kombouaré la saison suivante. Le Kanak ne semblait pas vraiment compter sur Bela. Après lui avoir accordé du temps de jeu en août (deux matches de Coupe de la Ligue et un match de Championnat), l'entraîneur l'avait constamment écarté des feuilles de match, y compris pour des rencontres de Coupe de France face à des clubs amateurs. Bela avait donc logiquement quitté le Pas-de-Calais en janvier 2014, s'engageant pour deux ans et demi avec Dijon. "À l'époque, il m'a manqué l'efficacité, de la constance pour convaincre", estime-t-il aujourd'hui.

Le joueur, auteur de six buts et une passe décisive en trente-trois matches de Ligue 2 la saison passée, n'a peut-être pas non plus tout fait pour s'imposer dans son club formateur. "J'ai eu une prise de conscience à Dijon, après ma blessure, explique-t-il : une carrière, c'est court, il faut mettre toutes ses chances de son côté, pas juste le dire, mais le faire. Au centre de formation, on a parfois tendance à se laisser aller, une certaine routine peut s'installer, on est avec ses potes... On a l'impression que tout va venir naturellement, même en faisant le minimum. J'ai su depuis élever mon niveau d'exigence professionnelle, en étant plus consciencieux et rigoureux à l'entraînement par exemple."

Cette prise de conscience rappelle celle de Nolan Roux, autre joueur offensif ayant été formé à Lens sans être parvenu à s'y imposer. "Il a énormément progressé dans le jeu mais aussi défensivement, analysait Adil Hermach en novembre 2010, un an et demi après le départ du Picard. Je lui tire mon chapeau. On sentait qu'il avait énormément de qualités. Devant le but, c'est l'un des meilleurs que j'ai vus. Mais les qualités qu'il avait alors ne lui permettaient pas d'être titulaire. Il s'est étoffé. Son niveau n'a plus rien à voir avec celui qu'il avait à Lens. Il a changé. Il a eu un enfant et s'est vraiment calmé. Il est devenu un véritable joueur de Ligue 1."

Bela et Roux ont eu besoin de quitter la Gaillette - considérée par Baptiste Guillaume comme "un cocon" - pour gagner en maturité et progresser. Il est dommage que le RCL n'ait pas recours à la solution du prêt pour faire grandir les jeunes qu'il a formés et ensuite pouvoir profiter de leur talent.

Lance

Photo : dfco.fr

Publié dans Humeur