Les supposés mensonges de Martel

Publié le par Lance

Les supposés mensonges de Martel

Depuis l'été 2014, Gervais Martel se montre confiant sur la situation financière du Racing, annonçant régulièrement l'arrivée d'argent en provenance d'Azerbaïdjan. Sur les dix-huit millions d'euros attendus cette saison, seuls quatre millions (1,5 million en novembre et 2,5 millions en décembre) ont cependant été versés sur le compte du RCL. Les annonces n'étant souvent pas suivi de faits, le président lensois a souvent été traité de menteur. Il y a une dizaine de jours, un communiqué signé par cinq associations de supporters (voir notre article Colère et désespoir) évoquait ainsi "ces mensonges".

Mois après mois, Gervais Martel a affirmé ne pas avoir menti. "Aujourd'hui, malheureusement, il y a trop de gens qui disent n'importe quoi sur le club, regrettait-il en mars. Qu'on arrête de dire que je ne dis pas la vérité, je dis toute la vérité." "Tout ce que j'ai annoncé aux gens, c'est ce que m'avait promis Mammadov et qui était attesté par des mails. Il n'a pas tenu ses engagements", répétait-il encore la semaine passée.

"Passé pour un menteur, il disait pourtant la vérité, écrivait Joël Domenighetti le 7 octobre dans les colonnes de L'Equipe. Par dépit amoureux, nombre de supporters ne lui accordent plus de crédit depuis qu'il a annoncé, à plusieurs reprises, que l'argent de Mammadov arriverait prochainement. Au regard des informations dont il disposait, des SMS «"Don't worry my friend» en provenance de son pote Hafiz, il n'avait pas menti." Ceux qui ont eu accès au dossier ont confirmé les dires du présidents lensois. En novembre, Luc Dayan expliquait dans les colonnes de But! Lens que l'erreur d'IBAN n'était pas un mensonge. "Je sais que cet argent est parti d'Azerbaïdjan, indiquait l'ancien président du RCL, chargé par le Crédit Agricole du suivi de la vente du club. Certains ont cru que Gervais avait raconté n'importe quoi avec cette histoire d'IBAN. Mais le Crédit Agricole et d'autres acteurs ont vérifié : c'était vrai. L'argent est vraiment parti mais il est reparti en Azerbaïdjan suite à cette erreur. [...] Je sais qu'il y a eu une erreur de deux chiffres. Cela m'a été confirmé de sources sûres. Une erreur bête qui a encore des conséquences aujourd'hui. L'argent n'est pas arrivé sur le bon compte. Lors de virements internationaux, l'argent passe de compte en compte pour vérifier qu'il est bien propre, et celui-là l'état. C'est une faute technique, une bêtise. [...] Les problèmes qui ont surgi ensuite, notamment politiques, ont bloqué les fonds de M. Mammadov."

Antoine Kombouaré explique la mauvaise communication de Martel par la répercussion de promesses non tenues par Mammadov. "J’ai vu Martel se démener au quotidien, témoigne le Kanak. J’ai pu lire les e-mails ou les textos de Mammadov avec les promesses d’argent : "T'inquiètes pas, les sous sont partis, ça va arriver". Mammadov ne nous a pas donné les moyens, et pas seulement financiers, de constituer une équipe pour nous maintenir. Je sais qu’il a eu des soucis mais on aurait pu trouver des solutions. Il aurait pu dire à Gervais : ''Trouve des investisseurs le temps que je règle mes problèmes et je les rembourserai''. Au final, on a été pénalisés et Gervais a été pris pour un menteur. Il a été discrédité dans cette affaire. Je ne suis pas là pour le défendre mais il était seul face aux mensonges de Mammadov. Gervais a trop communiqué et à tort. [...] Cela fait deux ans que Mammadov le balade."

"Il en prend plein la tête, regrettait Éric Sikora en janvier. Peut-être il ne le mérite pas. Mais ça, les gens ne le comprennent pas ou ne le savent pas." Désormais, chacun peut savoir que le verbe mentir signifie "affirmer ce qu'on sait être faux" (Robert) et non "annoncer quelque chose qui ne se produit finalement pas pour une raison indépendante de notre volonté".

Lance

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