Touzghar se met hors-jeu

Publié le par Lance

Touzghar se met hors-jeu

Malgré les difficultés économiques ou l'enchaînement de mauvais résultats, le groupe lensois était resté uni depuis l'officialisation de la montée du Racing. Seul Antoine Kombouaré avait refusé de reprendre l'entraînement en juin. "La DNCG a pris une décision qui ne me plaît pas, avait-il alors expliqué. Je sais tout le travail accompli par Gervais Martel et les salariés du club, mais si le club reste en L2, ce sera sans moi. [...] On a fait un boulot la saison dernière et on mérite d’évoluer en Ligue 1. Je ne mets de pression sur personne, mais je ne cautionne pas cette décision. J’attends que le club soit officiellement en L1."

Un joueur a aujourd'hui choisi de se mettre à l'écart du groupe en critiquant publiquement son entraîneur. Officiellement blessé le week-end dernier et forfait pour le match de Coupe de France contre Lyon, Yoann Touzghar n'a pas été sélectionné par la Tunisie pour participer à la CAN. Un choix qui arrange évidemment le RCL."S’il doit aller à la CAN, on le supportera, déclarait toutefois Antoine Kombouaré en fin de matinée. Mais s’il ne part pas, on l’attendra à l’entraînement lundi. On a besoin de lui. Après, on ne peut pas s’opposer à son départ en sélection. Et personnellement, je n’ai pas mon mot à dire là-dessus."

Estimant qu'il a dû renoncer à sa première sélection nationale à cause des pressions de son entraîneur, Touzghar a décidé de prendre la parole sur lensois.com. "Il s’est passé des choses malhonnêtes et je vais répondre à ce qu’a pu dire le coach ce jeudi matin face à la presse. Jusqu’à présent, par respect pour le club, mes coéquipiers et les supporters, je n’avais rien dit. Mais ses propos sont graves. Je ne peux pas accepter son discours alors que lui et moi savons qu’il a tout fait pour ne pas que je me rende à la Coupe d’Afrique des Nations. J’ai subi des pressions, ça m’a rendu malade et il faut que je rétablisse certaines vérités. Depuis que j’ai obtenu la nationalité tunisienne, la donne a changé. Le week-end suivant, je me suis retrouvé sur le banc. Cela s’est enchaîné. J’ai vite compris dans ma tête. Et ensuite, le coach m’a expliqué clairement que j'étais remplaçant car je souhaitais me rendre à la CAN. Ça me dégoûte. Après tout ce que j’ai fait pour le club, c’est dur. S’il m’avait convoqué pour m’expliquer qu’il souhaitait me conserver, qu’il avait besoin de moi*… j’aurais très bien compris et une solution aurait pu être trouvée. Mais ne pas me faire jouer en Championnat pour ne pas que j’aille à cette compétition, c’est difficile à encaisser."

Qui dit vrai ? Impossible à dire. Comme souvent, c'est la parole de l'un contre la parole de l'autre. Touzghar explique avoir dû renoncer à la CAN en raison des pressions de son club. S'il avait vraiment voulu y participer, le Racing n'avait pas la possibilité de l'en empêcher, les règlements accordant la priorité aux matches de sélections sur les compétitions de clubs. Il dit avoir perdu sa place de titulaire en raison de son choix de jouer pour la Tunisie. Difficile de lui donner raison en consultant les statistiques. Disponible lors de dix-sept des dix-neuf journées de la phase aller (il était forfait pour le déplacement à Toulouse en raison d'une élongation et pour le Derby à cause d'une entorse), Touzghar a participé à seize rencontres (il est resté sur le banc lors du dernier match, contre Nice). L'attaquant a été titularisé onze fois et est entré en jeu à cinq reprises. Quatre de ces cinq remplacements (à Marseille, à Lorient, contre Metz et à Montpellier) ont certes eu lieu lors de ses six derniers matches de l'année 2014 mais Kombouaré lui a accordé un temps de jeu de quatre-vingt-dix minutes contre Bordeaux et à Monaco. Des choix difficilement contestables au vu des performances des uns et des autres.

Kombouaré accusé de malhonnêteté, il est semble inimaginable de revoir Touzghar porter les couleurs Sang et Or. Le natif d'Avignon ne le souhaite d'ailleurs pas. "Même avec tout l’amour que je voue à ce club, je n’accepte pas ces propos. Je me sens trahi par mes dirigeants. A tel point que ça me semble compliqué de rejouer au RC Lens. Moi qui fonctionne à la confiance, je n’ai plus confiance en l’entraîneur. C’est déplacé de rejeter la faute sur moi. Je ne vois pas 36 000 solutions. Je pars de Lens. [...] J’espère que cela se fera vite." Il faudra pour cela qu'il reçoive une proposition l'intéressant et convenant au RCL.

Lance

* Touzghar regrette que son entraîneur ne lui ait pas affirmé qu'il avait besoin de lui pendant la CAN ("S’il m’avait convoqué pour m’expliquer qu’il souhaitait me conserver, qu’il avait besoin de moi"). "On a besoin de lui" avait pourtant déclaré Antoine Kombouaré quelques heures plus tôt...

Photo : rclens.fr

Publié dans Humeur