Lens, un petit Lyon ?

Publié le par FatherTom

Lens, un petit Lyon ?

"Cette jeunesse nous rend populaire, je le vois. Elle donne une identité que les gens apprécient. Dimanche à Bordeaux, de nombreux spectateurs nous ont applaudis. C'était beau." Cette déclaration n'est pas d'Antoine Kombouaré qui évoquerait l'image que renverraient ses joueurs mais de Jean-Michel Aulas, président lyonnais, après la victoire de l'OL en Gironde (0-5) en décembre. Si les deux équipes ont des chemins différents et si elles ne fréquentent pas les mêmes sphères du Championnat, elles se découvrent cependant cette saison, le temps de quelques mois, quelques traits communs.

Devant faire face à diverses difficultés économiques, les deux clubs ont été contraints d'accentuer leur recours à de jeunes joueurs. Le mot jeunesse est ainsi celui qui colle le mieux à la formation dirigée par Hubert Fournier. Dans une enquête publiée après la fin des matches aller, L'Equipe indiquait par exemple que Lyon est - de loin - l'équipe qui aligne le plus de joueurs issus de son centre de formation. Lors de la première journée de la phase retour, neuf joueurs qui ont appris leur métier entre Saône et Rhône faisaient partie du onze lyonnais, là où seulement trois titulaires lensois provenaient de la Gaillette. Lors de cette vingtième journée de Ligue 1, Lyon alignait d'ailleurs la deuxième équipe la plus jeune (24,4 ans de moyenne d'âge) derrière Nice (23,7 ans). À Lens, Antoine Kombouaré peut aligner un onze plus âgé (26,3 ans en moyenne face à Guingamp, soit la dixième équipe la plus jeune de l'élite). Neuf joueurs formés au club ont déjà porté le maillot Sang et Or cette saison, mais la jeunesse lensoise est surtout une inexpérience du haut niveau. Seize joueurs de l'effectif artésien ont ainsi découvert la Ligue 1 cette saison. Face à Guingamp, Lens ne cumulait au coup d'envoi de la rencontre que 442 matches dans l'élite. Seuls Lorient (424 matches mais avec des titulaires expérimentés partis à la CAN) et Monaco (432 matches mais avec de grands joueurs arrivés récemment en France) comptaient moins d'expérience en Ligue 1.

La jeunesse est une caractéristique en général appréciée mais il en faut plus pour séduire les observateurs. Comme Lyon, Lens parvient cependant à séduire la Ligue 1. Alors que les Gones ont un jeu abouti et plaisant, dans lequel s'illustre Lacazette, déjà buteur à dix-neuf reprises cette saison, les Sang et Or rendent des copies bien plus perfectibles, mais qui étonnent leurs adversaires. Après avoir difficilement battu les Sang et Or (2-1) avec Marseille un dimanche soir de novembre sur Canal+, Marcelo Bielsa déclarait ainsi que Lens lui avait "laissé une très bonne impression. Ils ont pris des initiatives et imposé leur football". Un mois plus tard, battu avec Metz (2-0) à Amiens, Albert Cartier saluait "une très bonne équipe de Lens. Sincèrement, nous avons rarement autant souffert cette année". À la fin des matches aller, Rolland Courbis confiait de son côté sa "sympathie'' pour l'équipe entraînée par Antoine Kombouaré. Mais c'est Pierre Ménès qui témoigne le mieux de l'enthousiasme que dégage cette équipe en multipliant les commentaires dithyrambiques à son encontre (voir notre article Pourquoi Pierre Ménès est-il aussi admiratif du RCL ?).

Si des parallèles entre les deux équipes peuvent donc être faits, il ne faut bien sûr pas croire que les Lensois verront en les Lyonnais leur image. Ou alors ce serait à travers un miroir incurvé, qui rend les objets plus gros qu'ils ne le sont réellement, et émaillé d'éclats, qui empêchent d'en voir certains aspects.

FatherTom

Publié dans Humeur