En visite à Calais

Publié le par Lance

En visite à Calais

Contraint de délocaliser ses matches en raison des travaux de rénovation de Bollaert, le RC Lens aura disputé en fin de saison dix-sept rencontres à Amiens (seize de Ligue 1 et une de Coupe de la Ligue), trois à Saint-Denis (matches de Championnat contre Paris, Lille et Marseille)... et une à Calais.

Lorsqu'il cherchait un stade de repli et devait faire face au refus de Jean-Raymond Legrand (VAFC) et Michel Seydoux (LOSC) d'accueillir un club qui avait pourtant à plusieurs reprises rendu service à ses voisins, Gervais Martel avait apprécié de compter sur le soutien de Natacha Bouchart (maire de Calais), prête à ouvrir les grilles du Stade de l'Épopée au Racing. "On avait été extrêmement bien reçu par l’équipe municipale de Calais, rappelait le président lensois en décembre. Je remercie madame Bouchart, maire de Calais, d’avoir été disponible pour nous car nous envisagions de jouer les matches de Championnat dans cette ville qui est de notre département. Malheureusement, Calais ne peut recevoir que des matches de Coupe de France et non de Coupe de la Ligue et de Championnat pour des raisons de vidéo surveillance. On a donc été contraint de se rabattre sur Amiens."

Lens recevant Lyon en trente-deuxième de finale de la Coupe de France, Martel a fait un geste envers les Calaisiens en décidant de faire jouer le match dans le stade où évolue le CRUFC. "Je m'étais engagé auprès de la ville de Calais. Si c'était un tirage à domicile en Coupe de France, on jouerait à Calais."

En se produisant dans le Stade de l'Épopée, Lens a permis d'apporter un peu d'activité dans un lieu qui est l'un des symboles du gaspillage de l'argent public. Construite en 2007-08, l'enceinte - qui a coûté aux contribuables vingt-deux millions d'euros - est utilisée par un club jouant cette saison le maintien en CFA et n'ayant jamais connu plus haut niveau que le National. Certains clubs au long passé en Ligue 2 ne bénéficient pas de telles infrastructures...

Le RCL a profité de cette rencontre pour soigner sa popularité sur la Côte d'Opale. "On va essayer de convaincre de nouveaux supporters et entreprises lors de cette période", avait expliqué en octobre 2013 Xavier Thuilot en évoquant l'idée d'un "Racing club de Lens On Tour" durant lequel le club du bassin minier visiterait plusieurs villes du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie. Tribunes et espaces VIP étaient bien remplis et le club a réussi à attirer des spectateurs n'étant pas habitués à suivre les matches du RCL. "Je pense qu’il y aura une bien meilleure ambiance qu’à Amiens, s'avançait Antoine Kombouaré deux jours avant le match. J’aime bien ce stade. J’y ai déjà joué. C’est un stade fermé, à l’Anglaise. Il est chaud !" Ce n'était malheureusement pas le cas dimanche. L'opération séduction du RCL s'est en effet faite au détriment de l'ambiance, pire que celle existant à Amiens (c'est dire..). Le stade souffrait notamment de problèmes de chœur. La procédure de mise en vente des places n'y est pas étrangère. Le club avait décidé de ne pas accorder de priorité d'achat à ses abonnés (voir notre article Coupe de France : la fidélité non récompensée). Les places s'étant vendues rapidement, des supporters ne manquant habituellement aucun match à "domicile" ont dû suivre la rencontre devant leur télé tandis que de nombreuses personnes considéraient que le kop étaient une tribune comme une autre.

Sur le terrain, les joueurs ont essayé de s'adapter à une pelouse en très mauvais état (mottes de terre, appuis difficiles). "Nous avons l’habitude de telles pelouses, regrettait Adamo Coulibaly. Cela reste le même genre qu’à la Licorne." L'aire de jeu picarde accueille les rencontres de deux clubs. On n'ose imaginer dans quel état serait la pelouse calaisienne si elle devait supporter autant de rencontres...

Lance

Photo : La Voix du Nord

Publié dans Humeur